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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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3 juillet 2008 4 03 /07 /juillet /2008 18:39

25 juillet 2000, Concorde, le bel oiseau blanc, s’élance de Roissy pour s’écraser quelques secondes plus tard sur Gonesse : bilan 113 morts, passagers, membres d’équipage et habitants sur lesquels les débris sont tombés. L’instruction de ce dossier est enfin terminée et on a appris aujourd’hui qui est renvoyé devant le tribunal correctionnel et pourquoi. Le procès se déroulera à Pontoise en 2009. Il pourrait durer deux ou trois mois.

Est poursuivie d’abord la compagnie Continental Airlines en tant que personne morale. Dans la foulée on trouve l’employé qui a confectionné et posé la lamelle du DC10 et son chef de service qui a validé l’installation de la fameuse lamelle qui serait à l’origine de l’accident.

Ensuite on trouve deux responsables de l’Aérospatiale en charge du programme Concorde : Henri Perrier qui dirigeait le programme de 78 à 94 et qui est accusé de ne pas avoir assez prête attention aux incidents précédents et qui aurait sous estimé la fragilité des pneus et Jacques Herubel qui a été l’ingénieur en chef de Concorde de 93 à 95 et qui lui aussi a négligé de trouver une solution à l’éclatement du pneu d’un concorde à Londres en 93. A l’époque déjà le réservoir avait été endommagé à la suite de cet incident.

Enfin Claude Frantzen est poursuivi en tant que responsable de la DGAC de l‘époque. Il n’aurait pas prêté assez d’attention aux disfonctionnements ou fragilités de Concorde alors qu’il y avait eu déjà plusieurs alertes.

Le procès devra donc déterminer la chaîne des responsabilités : La compagnie américaine dont le DC10 a perdu une lamelle en titane avant de décoller, lamelle qui va endommager l’un des pneus de Concorde et par ricochet le réservoir. Ou les responsables techniques de l’avion qui n’ont pas assez protéger le réservoir de Concorde de ce type de choc.

Déjà les avocats s’affrontent : pour Maître Mezner ,l’avocat de Continental Airlines, « le Concorde était pourri mais on n’a pas le droit de le dire » et pour Maître Soulez Larivière avocat de la DGAC « l’arrachement d’une partie du réservoir était totalement imprévisible ».

De belles empoignades en perspective avec des débats extrêmement techniques à la clef.

 A certains égards ce procès ressemble a celui qui a conclu l’accident de l’airbus sur le Mont Saint Odile. Aucune condamnation pénale n’a été prononcée contre les prévenus seule la responsabilité civile du constructeur et du transporteur a été retenue. Mais il y aura une différence de taille : les parties civiles seront peu nombreuses, la plupart des victimes étaient allemandes et ont préféré une indemnisation d’Air France plutôt que d’attendre l’issue du procès.

 

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