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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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25 juin 2008 3 25 /06 /juin /2008 20:22

Il a voulu apparaître comme un justiciable ordinaire : Jean Sarkozy est arrivé à 13.30 devant la 20ème chambre du tribunal correctionnel de Paris. Costume gris, chemise rayée bleue et blanche, cravate sobre. Il se fraye un chemin aux côtés de son avocat entre les très nombreuses caméras et micros jusqu’à la porte du tribunal. M’hamed Bellouti arrive lui aussi dossier rouge sous le bras en costume sombre, flanqué de ses deux avocats.

Voila l’affaire : un accrochage a eu lieu le 14 octobre vers 16H30 place de la concorde. La BMW conduite par M. Bellouti freine brutalement et se fait emboutir par l’arrière. Le conducteur du deux roues recule et repart vers la droite en faisant un vilain geste à l’automobiliste. Selon lui et il le confirme ainsi que son passager à la barre, ils distinguent une silhouette jeune, un visage imberbe sous un casque qui n’est pas un casque intégral. Et surtout les deux hommes arrivent à relever le numéro su scooter. Dépôt de plainte. Expertise ; contre expertise. Et aujourd’hui procès.

C’est Jean Sarkozy qui a la parole en premier : « Je ne reconnais pas du tout les faits qui me sont reprochés ; je n’ai a aucun moment été impliqué dans un accident de la circulation ; à l’heure des faits j’étais vraisemblablement en train de suivre mes cours au lycée Turgot » et son avocat maître Thierry Herzog enfonce le clou : « si il avait eu un accrochage il n’aurait eu aucune raison de se cacher car le scooter était assuré tout risque ».

Et au cours de l’audience les deux expertises réalisées, la première à la demande et aux frais du fils du président de la République et la seconde à la demande du tribunal ont été longuement disséquées. Leurs conclusions vont dans le même sens : au vue des dégâts constatés, il n’est pas possible d’incriminer un scooter de 50cm3 de marque Piaggio :  la roue se serait d’abord encastrée sous le pare-chocs déséquilibrant le conducteur.

Les avocats du plaignant ont bataillé pour faire annuler cette deuxième expertise car réalisée sans que le point de vue du plaignant ait été pris en compte : « C’est une atteinte aux droits de la défense. Tout ce que mon client souhaitait c’était faire un constat amiable et que l’assurance du scooter lui rembourse les frais dus à la collision. Il demandait 260,13 euros. Il a été obligé par l’assurance a déposé plainte. Aujourd’hui Il demande au tribunal de lui accorder 4000 euros pour les frais de justice et le préjudice subit ! ».

Durant les deux plaidoiries du prévenu on sentait la volonté de mettre en question l’impartialité de la justice. Mais la malchance de M. Bellouti est qu’il s’est fait emboutir sa voiture une deuxième fois et quasiment au même endroit quelques mois plus tard de sorte qu’il est impossible de dire si la voiture a été éraflée lors du premier ou du deuxième accrochage.

C’est donc assez logiquement que le procureur a demandé la relaxe de Jean Sarkozy : « je considère, compte tenu des éléments présentés que l’infraction de délit de fuite n’est pas caractérisée » a-t-il expliqué en quelques minutes.

Le tribunal a siégé trois bonnes heures pour cette importante affaire. Jean Sarkozy s’éclipse , son départ est protégé par les gendarmes. L’amertume se lisait sur le visage du plaignant et de sa famille. Son frère par exemple, qui préside l’association des enfants de français musulmans affirme : « Nous sommes victimes de la raison d’état mais nous ferrons appel et nous irons jusqu’à la Cour Européenne de justice ».

Reste un mystère : comment le numéro de la plaque d’immatriculation du scooter de Jean Sarkozy a-t-il été relevé ce jour là place de la Concorde alors que le jeune homme l’a confirmé  il était le seul à conduire ce deux roues ?

Jugement le 29 septembre.

 

 

 

 

 

 

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commentaires

m'hamed Bellouti 26/06/2008 17:57

bonjour,
Je voudrais apporter une précision importante. Vous dites qu'il est impossible d'iendtifier "si la voiture a été éraflé avec le 1er ou 2eme accident"!
Je vous rappelle tout d'abord que l'accident a été vu par l'expert de mon assurance 5 jours après les faits estimant les réparations à 260€.
Puis je suis surpris qu'un expert judiciaire de Paris au vu de cette "confusion" des 2 accidents arrive à réaliser un expertise (le 6juin 2008)alors que le 23 janvier il ecrit dans un note qu'une "reconstitution n'apportera rien". Bref un expert juidiciaire qui se contredit ???
Auusi je ne trouve pas logique qu'un procureur demande une relaxe sachant qu'il y a 2 témoins relevant une immatriculation dans le cadre d'un délit de fuite... il ose dire que le délit de fuite n'est pas carctérisé !!! et comme vous l'avez dit le procureur, Me herzog, et jean sarkozy n'explique le numéro de la plaque d'immatriculation qui appartient à Jean Sarkozy....
Etrange justice !!!

Cordialement

m'hamed bellouti
citoyen de la france d'en bas !
mhamedbellouti.scooter@orange.fr