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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 18:44

Voila un homme qui affronte pour la troisième fois les assises et qui arrive tranquillement à l’audience entouré de sa famille et de son avocat. C’est une situation inédite. Michel Quesne est un père de famille que sa fille accuse de l’avoir violée entre 84 et 93 ; elle était alors âgée de 11 à 20 ans. Pour ces faits, la cour d’assises de la Sarthe le condamne à 16 ans de réclusion. Porté devant la cour européenne des droits de l’homme, le procès est jugé inéquitable. La justice française repart à zéro. C’est la cour d’assises du Maine et Loire qui réexamine l’affaire. Michel Quesne en ressort avec une peine alourdie : 17 ans de réclusion.

Il a fait appel et ressort de prison assez vite : en novembre 2006 ce retraité heureux et remarié retrouve la liberté. Le voila donc devant la cour d’assises de Paris pour un dernier quitte ou double.

Car dans cette affaire, il n’y a pas de preuves formelles. Il y a un certificat médical pour coups mais personne ne peut prouver que les coups sont du père. Et il y a Christelle Quesne qui se fait appeler aujourd’hui Alice Collet et le récit de ce que lui a fait subir son père. Un récit circonstancié du premier viol à la sortie de sa douche sur le sol de la laiterie, puis des masturbations et fellations imposées, jusqu’au dernier enlèvement à l’age de 20 ans alors qu’elle vivait dans un foyer pour la violer dans un bois.

En face, il y a un homme qui se défend bec et ongle. Oui il était sévère et pas particulièrement attendri par ce cinquième enfant qu’il ne souhaitait pas. Certes il n’était pas un très bon mari et il trompait sa femme. Tout le reste n’est que délire et vengeance d’une fille très attachée à sa mère. Il ajoute que sa fille ne lui a pas pardonné son divorce et son remariage.

 Archi faux a encore redit sa fille : c’était un soulagement de le voir partir !

Parole cotre parole ; à Angers lors du deuxième procès le père avait dit : « je ne peux pas faire d’aveux quand il n’y a pas eu d’actes » et Christelle avait répondu « j’attends que justice passe. Je retrouve le même manipulateur, je n’attends rien de lui ».

Le face à face  continue. Verdict probablement jeudi.

 

 

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commentaires

fix your software 20/11/2013 13:24

This is really an informative post. I am not much aware about the laws in such a case. But got an idea about how it will be in such a case. Thanks a lot for sharing the post here with us.

JeanHuguesRobert 16/06/2008 19:46

Laure,

Parole contre Parole dites vous. Et la Justice condamne ?

En droit, si le père portait plainte pour diffamation, ne gagnerait-il pas, puisque son accusatrice est sans preuve ?

J'ai du mal à croire que dans cette affaire ce soit la seule parole de l'un qui explique 17 ans de réclusion pour l'autre.

Rassurez moi, il y a de meilleures raisons n'est-ce pas ?

Laure Debreuil 17/06/2008 14:42


c'est la force et la véracité du récit de cette jeune femme qui fonde le socle de l'accusation. C'est ainsi; la cour d'assise n'a pas a motivé son jugement et les jurés jugent en fonction de leur
intime conviction.