Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 

Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

Damien Givelet
 
Cédric Ingrand
Pascal Boulanger
 

 


Blog hébérgé par :


Annuaire des blogs d'Over-Blog – Créer un blog gratuit
16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 12:19

Ce matin, palais de justice de Paris, tribunal correctionnel, 28éme chambre présidée par Mme Picarda. Une petite troupe s’assemble autour d’une petite femme menue, Maria Vuillet. D’origine colombienne mais devenue française, cette mère de famille va comparaître pour la première fois de sa vie devant la justice française. Ses tords, être une mère d’élève d’un lycée proche de la place Guy Môcquet et d’avoir lancé à la tête du sous-préfet quelques noms d’oiseaux. Elle est poursuivie pour outrage.

Ce jour là, 22 octobre 2007, tous les lycées de France, à l’instigation du Président de la République devaient réserver un moment de recueillement et de réflexion après la lecture de la lettre que le jeune résistant a envoyé à ses parents avant de mourir. Depuis la Libération, le Parti Communiste donne à cet anniversaire un éclat particulier en se réunissant sur la place Guy Moquet. Mais cette année, le pouvoir en ayant fait un totem, le sous-préfet est venu représenter l’Etat à la dite cérémonie .Il y a eu énervement et bousculade.

« Ce serait désolant qu’il reste de cette journée d’unité nationale la condamnation de cette maman » bougonne Henri Malberg, membre du comité exécutif du PCF.

Mais le sous-préfet, M. Lacave a très mal pris d’être malmené. « Je représente la République ! » aurait-il lancé à cette femme. Réponse « Ce n’est pas la République de Guy Môcquet ! » Autour d’eux des jeunes lycéens criaient Sarko-facho ! Et la dame aurait elle aussi traité le préfet de « facho » !

Plainte. Enquête. Et ce matin absence du plaignant. « Le sous préfet avait des obligations qui l’empêchaient d’être là » plaide Maître Cyril Fagon. Et ce dernier demande un renvoi de l’affaire. Du côté de  Maria Vuillet, les amis ont rempli la salle; ils piaffent d’en découdre. Mais voila pour la Défense, Maître Lévy a convoqué quatre témoins de dernière minute.

Le prétexte est tout trouvé. Le procureur s’engouffre dans la brèche : on ne peut avoir un procès équitable dans ces conditions. Il faut se donner du temps.

La présidente ajourne. Rendez vous au 10 juillet.

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires