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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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23 mai 2008 5 23 /05 /mai /2008 12:53

  Le réquisitoire de Charleville-Mézières n’a pas surpris : les accusés ont reconnu les faits. Lorsque Michel Fourniret a dit « oui, c’est moi qui a assassiné Isabelle Laville » il y a six semaines, il savait qu’il risquait de finir  ses jours en prison. Mais c’est devenu une certitude lorsqu’on a abordé le sort de la petite Mananya Thumpong, violée et assassinée à l’age de 13ans. Les faits remontent à 2001. Or en 1994, une loi a été votée prévoyant la perpétuité réelle (appelée perpétuité incompressible) pour un assassinat précédé d’un viol sur une mineure de moins de 15 ans ; perpétuité réelle, c’est-à-dire que le condamné ne pourra bénéficier d’aucun aménagement de peine. Il était donc logique que l’avocat général, M. Nachbar, demande pour Michel Fourniret cette peine exceptionnelle en lui lançant « vous êtes un clown grimaçant au service du mal ».

Pour Monique Olivier, la situation est légèrement différente. L’avocat général a demandé pour elle le maximum prévu par la loi : la perpétuité assortie d’une période de sûreté de 30ans. Il lui a reproché « un silence assourdissant » face aux cris et aux supplications des petites victimes, une complicité de tous les instants lors du repérage et de la mise en confiance des « proies » et des gestes d’encouragements et d’aide vis-à-vis de celui qu’elle considérait comme « son fauve ».

Et au long de sa plaidoirie l’avocat général a laissé filer quelques épithètes pour qualifier le couple d’accusés : les fêlés, le petit Fourniret et sa muse sanglante, le diable à double visage…

Que dire devant la cruauté sadique de ces sept crimes ?  Le procès a montré  que les accusés eux-mêmes ne peuvent expliquer comment ils en sont arrivés là ; ils n’ont montré aucun regret, aucune tristesse. Ils s’apitoient sur eux-mêmes, jamais sur les autres. Et Michel Fourniret a reconnu même reconnu qu’il demeurait « dangereux ».

Ce qui est le plus étonnant c’est l’attitude de Monique Olivier. Elle avait prévue de se montrer comme une femme faible et soumise, totalement sous la coupe d’un mari autoritaire et violent. Mais cela n’a pas tenu au long des semaines. On a vu une femme intelligente et maîtresse d’elle- même parfaitement capable par exemple de résister aux coups de boutoir des avocats de la partie civile. On l’a vue intriguer : elle a demandé avec insistance à son fils Sélim d’écrire une lettre en sa faveur au Tribunal. Une lettre qui aurait été lue devant la cour d’assises…. Alors lundi ses avocats tenteront l’impossible : prendre sa défense et convaincre les jurés de ne pas la laisser mourir en prison. La tache sera rude.

 

 

 

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