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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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10 octobre 2007 3 10 /10 /octobre /2007 00:01


Le premier jour d’un procès est capital ; non pour ce qu’il se dit ou ce qu’il se fait mais pour l’atmosphère générale.

Le procès qui s’est ouvert lundi à Saint-Nazaire n’a pas fait exception. C’est avec une grande dignité que se sont présenté les quelques 130 parties civiles,blessés directs ou proches des 16 morts dans l’accident de la passerelle. Quant aux prévenus, ils ont rejoint discrètement leur place en rentrant par une entrée latérale.

Sur les grilles du palais de justice quelqu’un est venu accrocher une lettre de soutien collée sur un carton : on pouvait lire : « Aujourd’hui, c’est un premier pas. Ma douce, gardons confiance »

Le président de l’association des victimes, Yves Violette, savait trouver les mots face aux journalistes : « nous voulons connaître la vérité sur cet accident et nous souhaitons que les responsabilités soient clairement établies ».

Les quatre juges professionnels (trois titulaires plus un en cas de défaillance) ont trois semaines pour entendre les uns et les autres. La première après-midi était réservée aux victimes pour qu’elles racontent ce qu’elles ont vécu. Mais le traumatisme est tellement fort que seule deux d’entre elles ont accepté de témoigner à la barre.

 Marlène Cassard a commencé à lire le texte qu’elle avait préparé, elle n’a pas pu aller au bout. Elle a eu le temps de faire comprendre l’horreur de ce qu’elle a vécu « Ca a été très vite et en même temps très long. Le fracas était assourdissant et la passerelle s’est désagrégée par paliers. Chaque fois des bruits horribles. Je suis tombée sur des personnes, il y avait des corps déchiquetés à côté de moi, puis le corps de quelqu’un m’est tombé dessus et un tube métallique a transpercé la personne qui était tombée sur moi ; c’est ce qui m’a sauvé. Quand j’ai ouvert les yeux j’ai vu mon frère allongé sur le dos. Les pompiers m’ont pris charge, j’ai perdu connaissance… »
Face à cette douleur, l’audience a été suspendue. Beaucoup pleuraient.

Le procès va durer trois semaines. Les débats vont être techniques : il s’agira de comprendre comment a été construite cette passerelle et si elle dérogeait aux règles de l’art. Il s’agira aussi de déterminer si Les Chantiers de l’Atlantique pouvait accueillir du public dans de telles conditions.

Pour donner une idée de l’état d’esprit des Chantiers de l’Atlantique, voici une interview de celui qui était le PDG de la société à l’époque : Patrick Boissier.

 

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