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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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16 novembre 2007 5 16 /11 /novembre /2007 00:00

Le Président de la Cour d’Assise vient de montrer sur les écrans qui ont été disposés autour du prétoire les photos de la scène de crime. Le silence est total, lourd. Les enfants de Claude Erignac regardent par terre; Madame Erignac n’est pas revenue s’asseoir sur les bancs de la partie civile ; trop douloureux.

Le Président appelle alors le médecin légiste. Paul Marcaggi est celui qui a expertisé le corps du préfet en présence d’un représentant du Parquet. Trois balles dans la nuque précise-t-il, le premier coup a du être mortel ou en tous cas, priver la victime de sa conscience. Les deux autres coups ont été tirés alors que Claude Erignac s’était effondré et gisait à terre. Trois coups portés sur une zone de 10 cm. Puis, l’expert raconte que, sur la table d'autopsie, le crâne a été vidé et les hématomes lavés afin de permettre d’examiner la trajectoire des balles. Le médecin explique qu’il utilise la technique des tringles : il s’agit de réaliser un calcul d’angle exact par rapport à l’axe du corps en faisant passer une tige entre l’orifice d’entrée et celui de sortie. Dans ce cas, la première balle part du coté droit de la tête et sort devant suivant une trajectoire horizontale tandis que les deux autres trajectoires à gauche suivent une trajectoire légèrement montante. Maître Sollacaro se lève alors vers le docteur Marcaggi : « Selon vous, docteur, le tueur qui vient ainsi tirer dans le dos du préfet était un sujet de grande stature avez-vous dit ? » et le médecin de répondre : « Oui, si on tient compte de l’alignement du bras, l’agresseur devait être aussi grand que le préfet ».Stupéfaction dans la salle d'audience. Mais ce que vous dites là ne figure pas au dosier "dit le Président. "Personne ne me l'a jamais demandé"réplique l'expert.

L’audience est suspendue. Les avocats d’Yvan Colonna soulignent à la sortie que le préfet Erignac mesurait 1,83m et qu’Yvan Colonna mesure 1,72m. Ils demandent avec force un transport sur les lieux car la reconstitution demandée à l’instruction comme devant la chambre d’accusation n’a jamais été réalisée. En attendant la défense vient de marquer un point capital. Il parait difficile d’établir désormais qu’il puisse être le tueur même si cela ne dit rien quant à son éventuelle participation au commando.  

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