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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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19 novembre 2007 1 19 /11 /novembre /2007 00:00

L’évènement attendu de la journée était la nouvelle audition demandée par le président de la cour d’assise du médecin légiste qui a procédé à l’autopsie de Claude Erignac. Allait-il confirmer que, selon ses constations, le tueur devait être « de grande stature »puisque le préfet mesurait 1m83 ? Ce point est très important puisque Yvan Colonna ne mesure 1m72.

Le médecin est arrivé en retard à cause des grèves et de la circulation. Mais c’est un homme calme et déterminé à se faire respecter qui se présente à la barre. Il y a en effet une vilaine rumeur qui traîne, reprise par certains journalistes et qui consiste à dénigrer cet expert. Aussi je n’ai pas été surprise quand Paul Marcaggi a demandé à dire quelques mots avant de recommencer sa démonstration : « je suis ajaccien, insulaire. Je tiens à préciser que cela fait douze ans que j’exerce la médecine légale en Corse. Je n’ai jamais subi de pressions. Dans ce procès, c’est pareil : je n’ai pas subi de pressions notamment de la Défense… » C’est dire si la suspicion est grande chaque fois qu’il s’agit d’un Corse exerçant des fonctions en relation avec le service public et susceptible d’avoir à dire des choses pour ou contre un compatriote .

Mais je m’égare et donc je vais reprendre le fil de l’audience. Les discussions et interventions se sont concentrées sur le trajet de la première balle, celle qui a tué le préfet, les deux autres l’ayant achevé à terre. Le médecin a ré expliqué les modalités de l’expertise. Lorsque le préfet arrive, les matières cérébrales ont été répandues sur la chaussée, sa boite crânienne est quasi vide. On nettoie ce qui reste et on procède à l’examen des causes de la mort, c'est-à-dire des orifices laissés par les balles. Puis, on place des tiges pour calculer l’angle en prenant comme référence l’axe central du corps. Cette opération est réalisée en plaçant la tête du préfet sur un sabot, tout son corps étant à l’horizontal. Puis on a relevé le corps en position assise et de nouvelles mesures et photos ont été réalisées par les services l’identité judiciaire pour qu’on se souvienne bien des trajectoires figurées dans l’espace. « La première balle rentre à 170 cm et sort à 168 cm. C’est ce que j’appelle une trajectoire quasi- horizontale »précise le médecin. Mais ses explications ont paru embarrassées, voire contradictoires quand il a fallu confronter ce résultat avec les photos de l’autopsie projetées devant lui. Le médecin n’a pas convaincu quand il a expliqué qu’il suffisait que la tête du préfet soit légèrement penchée vers le sol pour que la trajectoire soit droite.

En revanche il a été plus convainquant sur le fait que le tireur avait été capable d’infliger une blessure nette : « l’orifice d’entrée de la balle est circulaire et non ovale comme ce serait le cas si le coup venait du bas vers le haut » a précisé le médecin. Ce qui sous-entend que le tireur, bras tendu devant lui devait être grand pour atteindre ainsi sa cible.

Mais cette fois l’expert n’a pas voulu sortir de son rôle et a répété à plusieurs reprises qu’il ne pouvait pas être formel quant à la taille du tueur. Et comme l’expert en balistique, n’a pas voulu venir témoigner  (un expert ne peut être forcé à comparaître devant la cour d’Assises et en plus le dit expert est retraité) on est resté dans un espèce de no man’s land judiciaire. Les avocats de Mme Erignac ont voulu souligner que le médecin s’était contredit et ceux de la défense qu’il avait au contraire répété que le tueur devait être de grande taille. Mais rien de définitif n’est venu clore ce chapitre et à titre personnel je ne peux qu’être très surprise qu’une expertise sophistiquée n’ait pas été ordonnée par les juges d’instructions sur ce point tout de même très important.

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GROSSE 25/11/2007 23:27

A  lecture des articles du procès j'ai un sentiment de dégout de ces justiciables qui veulent nous faire admettre que ce ne sont pas eu qui ont executé le préfet
ils les justiciables vont nous prouver que c'est en fait le préfet lui même qui qui a mis fin à ses jours.
Mais pour qui prennent  ils la justice et par dessus tout la société toute entière.
 
SALUTATIONS