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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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7 décembre 2007 5 07 /12 /décembre /2007 00:00

Alibi ou emploi du temps : tout dépend du point de vue auquel on se place. La Cour d'assises a tenté d’établir où était Yvan Colonna le 6 février 98 à partir de 17H et jusqu’au lendemain 7 février à 13H. Le capitaine Maroselli qui a participé à la garde à vue d’Yvan Colonna est interrogé le premier; il estime : « si les frères sont inquiets, l’alibi est tout trouvé : une réunion familiale » mais tous les membres de la famille qui défilent ensuite donne une crédibilité à la version donnée : à commencer par Jean-Hugues, le père d’Yvan Colonna, ancien député socialiste : « J’habitais à Nice à l’époque et chaque fois que je pouvais, je venais voir ma mère à Cargèse. Nous étions donc à 19H dans le salon quand Yvan est passé. On a bavardé, ma sœur préparait le repas du soir et elle lui a proposé de rester dîner. Il a refusé parce qu’il devait garder son petit » Et la tante d’Yvan confirme qu’elle peut donner l’heure de cette rencontre car ils regardaient l’édition régionale de F3.

Le problème que ne manque pas de souligner la partie civile est qu’il lui reste encore assez de temps pour rejoindre Ajaccio avant 21H, heure à laquelle Claude Erignac a été assassiné. Et là l’emploi du temps d’Yvan Colonna n’est corroboré par aucun témoin. Sa femme Pierrette Serreri quitte elle son domicile vers 20H19, un coup de fil l’atteste et elle ne voit pas son compagnon qui devait venir garder leur fils pendant qu’elle allait à une soirée crêpe. Il y avait des tensions dans le couple à ce moment là, elle a mis son absence sur un ressentiment passager. Le lendemain, malgré cette absence étrange, Yvan Colonna ne découchait jamais sans prévenir selon elle, il réapparaît le lendemain dans la matinée et la vie reprend son cours; pas de dispute devant Jean-Baptiste huit ans, s’étaient –ils promis.

Yvan Colonna est invité à donner sa version en fin de journée. Après sa visite au domicile familial, il s’est rendu chez sa compagne au village et là il a trouvé porte close a-t-il raconté : « Mon fils était chez sa grand-mère maternelle, je ne pouvais pas aller le chercher parce qu’il aurait voulu rentrer avec moi et cela aurait fait de la peine à sa grand-mère qui ne l’avait pas souvent ». Dépité, il serait allé dormir à la bergerie pour que sa famille ne soit pas au courrant de ses problèmes de couple, serait redescendu très tôt pour rejoindre son associé et pour remonter faire la traite du troupeau ensemble. Après son travail, il serait allé voir le chantier de sa future maison mais n’y a pas trouvé le maçon tunisien qui était censé y travailler. « Toutes ces situations sont invérifiables et couvrent la période essentielle de l’action du commando et de sa mise à l’abri dans la maison des Ferrandi »   fait remarquer un avocat de la partie civile..

Pour Piertrosella, l’alibi est plus simple à vérifier.Le 5 septembre 97, Yvan Colonna dit qu’il a amené son fils sur la place jouer avec ses copains Puis, ils sont allés manger vers 10H 30 une pizza au « Saint Jean », ensuite ils sont allés, père et fils, se coucher. Le patron du restaurant confirme. Des souvenirs tardifs : il mettra un an et demie à affirmer la présence du père et du fils ce soir là chez lui Avec une truculence très appréciée de la Cour en cette morne fin de journée.

 

Yvan Colonna a plaidé encore une fois un emploi du temps qui n’a pas dérogé à ses habitudes, sa famille a fait bloc autour de lui. Sans convaincre tout à fait car aucun fait décisif n’empêche, en tous cas pour Ajaccio, Yvan Colonna d’être sur les lieux. Ces déclarations familiales sont en tous cas incompatibles avec celle de Michèle Bruey, l’épouse de Pierre Alessandri qui a déclaré à propos du 6 février 98 : « j’ai vu monter Pierre  et Yvan Colonna dans la voiture. Il n’était pas normal qu’Yvan Colonna ne vienne pas me dire bonjour… Je me doutais que Pierre allait faire une bêtise dans la soirée vu les précautions qu’il prenait… » Et elle situe ce départ aux environs de 17H.

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commentaires

Julie 07/12/2007 17:19

S'il est impossible pour Yvan Ciolonna d'apporter des preuves quant à son emploi du temps le soir du meutre, il en sera de même pour la partie adverse de prouver qu'il ne se trouvait pas chez lui...
Où cela va t-il nous mener ? Et surtout, si ce n'est pas Yvan Colonna le coupable, n'est-il pas trop tard pour retrouver le véritable coupable.