Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 

Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

Damien Givelet
 
Cédric Ingrand
Pascal Boulanger
 

 


Blog hébérgé par :


Annuaire des blogs d'Over-Blog – Créer un blog gratuit
8 décembre 2007 6 08 /12 /décembre /2007 00:00

L’évènement de journée de vendredi devait être l’audition de Claude Géant. Pensez ! Le secrétaire général de l’Elysée obligé de s’expliquer sur son rendez vous le 19 octobre à 19.15 avec Roger Marion, le chef de l’enquête menée pour retrouver les assassins de Préfet. Autant le dire tout de suite cette audition à fait « pschitt ». « Je n’ai pas convoqué Roger Marion comme l’indique Le Point, je l’ai reçu à sa demande. Il m’a fait part de menaces qu’il avait reçu sur son portable ; apparemment la voix de l’homme avait un accent corse. Je lui ai demandé si il voulait une protection, il m’a répondu que non. Nous avons parlé de l’actualité et du livre qu’il allait publier. En fin d’entretien on a évoqué le procès. Il a dit qu’il irait, c’est tout » Questionné par Maître Sollacaro, l’un des avocats d’Yvan Colonna, il ajoutera : «  Roger Marion est un vieux complice. Nous avons conduit des enquêtes difficiles avec succès, on se voit de temps en temps. Il était de mon devoir de recevoir un collaborateur qui se sentait menacé ». Avez-vous formalisé cette menace dont vous avez connaissance au parquet ou au président de la cour d’assise lui demande Maître Siméoni ?Non, c’est à l’intéressé de la faire. Quant à admettre qu’il ait pu influencer le témoignage de Roger Marion devant la cour comme le soupçonne la Défense, évidement Claude Géant l’a démenti formellement.

 

Plus interessant peut-être pour ce procés a été l’examen de la lettre qu’a publiée Yvan Colonna par l’intermédiaire du journal U ribombu, mensuel indépendantiste en langue corse et françase. Yvan Colonna est alors en cavale depuis 18 mois quand il adresse ce texte rédigé en Corse. Il se définit comme un patriote recherché et le texte est assez virulent. Le président Coujard commence par lui demander si c’est vraiment lui qui a rédigé cette prose indigeste, très langue de bois. Yvan Colonna va s’expliquer longuement. « Quand j’écris cette lettre je ne vois pas ma famille depuis 18mois ni mon fils dont je n’avais jamais été séparé ;ce sont les années les plus sombres de ma vie. Je réaffirme donc une position de principe, je la maintiens quoiqu’il arrive. Malgré les conditions difficiles, je reste ce que je suis ,c’est ce qui me fait tenir debout, j‘ai des convictions, je me bats pour ma terre et pour qu’elle vive. »

Alors Philippe Lemaire va se lever pour poser la question qui fait mal : que pensez- vous, monsieur Colonna de l’assassinat de monsieur Erignac ? Sous entendu vous n’avez jamais cessé d’être un nationaliste pur et dur et vous n’avez jamais condamné la violence…

L’accusé voit le piège ; dans une explication embrouillée il refuse de condamner ses amis nationalistes et leurs actes violents tout en se défendant d’être lui-même un adepte de la violence « pour ce qui est de la vie d’un homme j’ai toujours dit ce que je pensais ; j’ai le respect de la vie humaine, je n’ai jamais tué personne, et certainement pas Monsieur Erignac. Quand il a fallu aller sauver de la noyade un touriste allemand dans une mer démontée, je n’ai pas hésité,je suis allé le chercher. Je n’ai pas de leçon de morale à recevoir. Je n’ai jamais fait l’apologie de la violence, je n’ai pas envie que mon fils ou mes neveux aient la même vie que moi ».

Yvan Colonna reste donc un militant qui ne condamne pas franchement, clairement l’acte commis par certains de ses amis. Une position  pour le moins acrobatique et inconfortable devant ses juges.

 

Prochain acte du procès dimanche, transport de la Cour sur les lieux à la gendarmerie de Piertrosella et au centre d’Ajaccio. 300 policiers supplémentaires ont parait-il été dépêchés sur place pour assurer la sécurité des membres de la cour d’assises et des avocats et d’Yvan Colonna qui sera présent.

 

Partager cet article

Repost 0
blog-justice-et-compagnie-tf1 - dans blog-justice-et-compagnie-tf1
commenter cet article

commentaires

sylvie 05/02/2008 18:03

Mr Colona est un homme qui pour ne pas balancer va purger une longue peine
Encore un innocent qu'on enferme !