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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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19 février 2008 2 19 /02 /février /2008 00:00

Stellio Capochichi, né le 9 decembre 81 à Strasbourg comparaissait devant la 17 ème chambre correctionnelle cet après midi à Paris. Ce nom n'évoque rien de particulier, en revanche celui qu'il s'est choisi est plus éloquent: Kemi Seba. Il est en effet l'animateur d'un groupe noir ultra-radical qui s'est fait connaitre sous le vocable de "tribu Ka". "Ce sont  les initiales de Kémite Adonien" tient à préciser l'homme qui se présente devant le tribunal. Il a décidé de se présenter sans avocat, estimant qu'il pouvait lui-même assurer sa défense. Dans la salle ses supporteurs, parfois bruyants, se font rabrouer par le président Nicolas Bonnal.

 L'objet du litige ? La justice reproche au leader de la tribu Ka dissoute pour provocation à la haine raciale par un décret du président de la République le 28 juillet 2006 d'avoir repris ses activités sous une autre forme. En effet Stellio Capochichi agit maintenant sous la dénomination de "génération Kemi Seba" et poursuit des buts identiques si l'on en croit les rapports d'enquête qui ont précédé ces poursuites initiées par le Ministère Public. Cela s'appelle un délit de participation à la reconstitution d'un groupe dissout. Le principal fait d'arme de la tribu Ka avait été une descente du groupe avec insultes, bousculades et intimidations envers la communauté juive rue des Rosiers à Paris, en mai 2006.

Costume noir, cravate, chaussures bien cirées, crane rasé, l'homme se veut rassurant. Il s'applique à faire entendre au tribunal qu'il a changé, qu'il y a une différence entre anti-sionisme et anti-sémitisme: "le sionisme est une idéologie colonialiste qui existait comme en Ouganda bien avant la Palestine. Une idéologie raciste qui a des relais au plus haut niveau niveau de l'État. C'est mon combat". Et il souligne que si la Tribu K était une organisation anti-blanche, la nouvelle a un combat plus large car elle comprend des blancs, des bouddhistes, des juifs noirs... Le président ne se laisse guère impressionner et demande à celui qui se fait appeler Kémi Seba de quoi il vit : "de dons, de mandats; ce sont des fidèles qui me paie pour défendre le peuple Kénite".

La procureure constate qu'il y a bien une reconstitution déguisée du groupe: "le leader est le même, la garde rapprochée est la même, l'idéologie est la même",  demande l'application d'une peine de 6 mois de prison dont quatre avec sursis.

"La décision est mise en délibéré au 1er avril" conclue le président. "Espérons que cela ne fera pas l'objet d'une blague"  laisse tomber le prévenu devant son public de fans.

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