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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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26 mars 2008 3 26 /03 /mars /2008 00:00

 

La justice a fait les choses en grand pour permettre la tenue du procès de Michel Fourniret et de son ex-compagne Monique Olivier, jugés pour les enlèvements, viols et meurtres de sept jeunes filles entre 1987 et 2001. Le palais de justice situé à coté de la préfecture est un bâtiment moderne rénové pour les besoins de la cause ; Sur le parking face au tribunal une bonne dizaine de cars de télévision ont colonisé la chaussée. On vient de loin pour entendre celui que l’on surnomme «  l’ogre des Ardennes ». Il y plus de 400 journalistes accrédités représentant une quarantaine de média de 9 nationalités. Les étrangers les plus représentés sont les Belges puisque deux des victimes décédées et une victime qui s’en est sortie est Belge. Et puis il y eu l’affaire Dutroux qui hante encore les mémoires. Il fallait donc que chacun prenne ses marques. Les journalistes ont appris qu’ils pourront se répartir dans les trois salles d’audience : la vraie et deux salles attenantes dans lesquelles le procès sera retransmis sur grand écran. Dans la rue, une femme joviale parle aux un et aux autres. Je pense qu’elle doit être membre de l’association d’aides aux victimes. Mais non, c’est Madame le Maire. Tout juste réélue, elle vient s’assurer que tout va bien, que sa police municipale n’a pas de souci avec la population déroutée dans ses habitudes. Le tribunal se trouve dans une zone bordée de grandes barres HLM avec des jeunes qui sont quelque peu fascinés par tout ce matériel de retransmission nécessaire aux télévisions.  A l’intérieur du palais de justice, il ne se passe pas grand-chose. Les familles des victimes ont été accueillies, on leur a montré les lieux, les salles de repos qui leur sont destinées, présenté les psychologues et les juristes à même de les aider, tout cela à l’écart des journalistes. Seul le père de la petite Elisabeth Brichet assassinée à l’age de 13 ans dit quelques mots : « qu’est ce que vous attendez du procès » lui demande une journaliste ? « Juste la fin, qu’il soit condamné à la peine de prison maximum » répond cet homme avec calme et dignité.

 Le procureur général de Reims, Eric Enquebelq  discute dans la salle des pas perdus avec le procureur de Charleville Mézières, Francis Nachbar. Ce dernier accepte de répondre à quelques questions. « Vous verrez dans cette affaire la justice n’est pas aussi coupable qu’on le dit. Je ne dis pas que tout a été parfait, mais je montrerai que l’institution n’a pas été si mauvaise  » Et puis le magistrat chargé de la presse, Christophe Aubertin fait une petite conférence et  souligne les efforts  fait pour bien accueillir les victimes et leur permettre de surmonter cette épreuve. Il parle d’un procès digne, exemplaire. Comme si dans cette affaire, la justice avait mauvaise conscience face à des familles qui ne comprennent toujours pas comment Michel Fourniret à pu agir si longtemps en toute impunité…

 L’un des avocats de Michel Fourniret s’attarde devant les caméras. Maitre Philippe Jumelin explique que Michel Fourniret va faire demain une déclaration pour faire valoir « sa » vérité, qu’il sera présent ce jour là mais peut-être pas les autres, qu’il change souvent d’avis et qu’il sera la pour le défendre même si l’accusé le récuse.

 « De toute façon le président a la possibilité de le faire comparaître, y compris avec le concours de la force publique »ajoutera un peu plus tard le procureur qui précise que la prison de Charleville Mézière a été modernisée pour permettre une surveillance de tous les instants de Michel Fourniret et de sa femme. Chacun a en tête ici le suicide de Pierre Chanal la veille de son procès. Cette fois pas question de permettre une telle échappée hors de la justice des hommes. Tout cela a un coût : 1,9 millions d’euros pour l’organisation du procès et l’aménagement de la prison.

Il pleut sur Charleville-Mézières. Même la belle pierre jaune du centre ville a du mal à animer le paysage.

 

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