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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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2 avril 2008 3 02 /04 /avril /2008 00:00

« Avec le recul je regrette tout ce qui a été fait, c’est vraiment affreux » voila c’est la seule phrase  d’excuse que Monique Olivier a prononcé hier alors qu’elle est directement concernée par la mort de cinq des sept victimes. Elle se refuse à en dire plus, ni sur sa vie avec Michel Fourniret, ni sur la nature du pacte passé entre eux. Elle affirme avoir tout dit sur leurs crimes lors de ses aveux « je ne vois pas pourquoi je cacherai autre chose ».

 C’est une déception pour les familles comme pour les enquêteurs. Il y a plusieurs crimes restés sans solutions dont celui de Marie Angèle Domèce, une handicapée de 19 ans disparue du côté d’Auxerre en 88 et de Joanna Parrish une britannique de 20 ans en 90. Lorsqu’on sait combien il est important pour les familles de connaitre la vérité sur une disparition ou un crime, on ne peut se dire que concerner. J’ai rencontré Monsieur Laville dont la vie et la mort de sa fille vont être évoquées aujourd’hui. Il m’a raconté l’attitude de Michel Fourniret quand on recherchait le corps d’Isabelle. Son plaisir à faire creuser ici, puis là, à se faire supplier par le père de la victime, dorloter par les gendarmes, traités avec moult égards par le juge d’instruction avant de lâcher la bonne information. Ce père m’a aussi dit combien il en voulait à Monique Olivier « après tout, quand elle conduisait la voiture, quand elle a abordé ma fille, quand elle l’a faite monter dans la voiture, elle était seule, elle n’était pas sous influence ; elle savait vers quoi elle embarquait ma fille. Alors ses airs de ne pas y toucher, j’y crois absolument pas ! »

11 décembre 87. Le premier crime commis à quatre mains. Il résume ce qui va suivre et établi un « modus operandi » qui ne différera ensuite que dans les détails. Avant Isabelle Laville, ni l’un ni l’autre n’ont tué. Après tout est différent au motif qu’il ne faut pas laisser de traces ou de personnes susceptibles de les faire rendre ; ce mobil prosaïque est –il le seul ?

Hier a  la fin de l’audience, Michel Fourniret est sorti de ses gongs. Ses yeux fermés comme si il était absent à son procès, ne sont qu’une façade. Il en suit chaque instant avec attention ; Maitre Alain Behr,l'avocat de la famille Laville venait d’évoquer l’autre versant du pacte : « je te vengerai » avait dit Michel Fourniret à celle avec qui il correspondait de sa prison sous entendu : j’éliminerai ceux qui t’ont fait du mal, à savoir tes deux précédents maris. Et lorsque l’avocat général revient sur cette hypothèse en évoquant un engin explosif répertorié dans l’un de ses domiciles belges et qui aurait pu être acquis pour réaliser ce projet Michel Fourniret  bondit comme un diable : « ressortez les procès verbaux , ce n’est pas vrai ! Et comme il crie dans le micro et qu’on lui demande de baisser d’un ton il ajoute   « je ne crie pas, je hurle, je n’ai jamais caché que j’étais un monstre ! ».

C’était un échantillon de la vraie nature de Michel Fourniret.

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