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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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4 avril 2008 5 04 /04 /avril /2008 00:00

C’est l’histoire d’une photo volée : jeudi matin, l’hebdomadaire Paris-Match a publié une photo de Michel Fourniret prise dans une des salles d’audience au mépris de la loi et des recommandations très précises faites en début du procès par le président de la Cour d’assises.

« Ces agissements sont incompatibles avec la confiance qui est accordée à la presse durant ce procès. Il a été décidé que l’accréditation délivrée à ce média serait retirée » a indiqué le lendemain Francis Nachbar, l’avocat général qui officie à Charleville Mézières. Olivier Royant, directeur de la rédaction de l’hebdomadaire incriminé s’est dit selon mes confrères de l’AFP « sous le choc qu’un tribunal prenne une décision aussi disproportionnée ».

Il a précisé « nous n’avons pas de photographe accrédité, cette photo nous est parvenue, on la publie et en ce qui concerne l’origine de cette photo, on n’a pas à divulguer nos sources. » La journaliste de Paris-Match s’est en tous cas vu retirer son accréditation, décision sans appel a précisé le procureur général de Reims Eric Enquebecq.


Rappelons que Michel Fourniret a refusé à l’ouverture du procès de se laisser filmer ou photographier contrairement à son épouse Monique Olivier.

Cette décision a été très commentée par les journalistes qui couvrent ce procès et d’une manière plus large par l’association de la presse judiciaire.


Première controverse : de quand date l’interdiction d’enregistrer (son et image) dans l’enceinte du tribunal ? De la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse ? Pas du tout a rectifié la mémoire de notre profession, Olivier Richou : L’interdiction de tout enregistrement à l’audience date de la loi du 6 décembre 54, date à laquelle un alinéa est venu compléter l’article 39 de la loi sur la presse et interdire tout enregistrement dans une salle d’audience sauf dérogation de Garde des Sceaux. Et mon confrère d’ajouter que cette disposition a été proposée par le célèbre avocat Maître Isorni, alors député.


Deuxième controverse : cette sanction est-elle justifiée ? Ce qu’il faut savoir, c’est que des engagements ont été pris entre l’Association de la Presse Judiciaire (dont je fais partie) et l’institution judiciaire pour que les journalistes puissent travailler avec un maximum de souplesse et de rapidité (sans être fouillés à chaque entrée et sortie par exemple). Lorsqu’il y a 350 journalistes accrédités comme c’était le cas à Charleville Mézières et trois salles d’audience, la surveillance est quasi impossible. Les téléphones portables et les minis appareils de photos sont des objets courants. Le respect de la loi ne peut venir que d’une certaine discipline et d’une déontologie certaine. Briser ce rapport de confiance pénalise toute la profession. Même si la journaliste de Paris-Match concernée n’est pas fautive elle-même, elle porte le poids du média qu’elle représente. Personnellement je préfère cette sanction qui pénalise l’hebdo fautif aux poursuites judiciaires.

Troisième controverse : l’image de l’accusé prise à travers les vitres de la voiture qui l’amène au tribunal est-elle de nature très différente que l’image volée dans le box ? De nombreux journaux ont publié cette image sans être inquiétés. Où est donc la limite ? Le droit à l’image se découpe-t-il en rondelles ?

 

Le procès doit reprendre lundi avec l’examen du meurtre de Fabienne Leroy, tuée d’une balle en pleine poitrine en 1988 dans la Marne. Michel Fourniret qui a proposé de donner des précisions sur ses actes par écrit directement aux familles, va peut-être arriver avec un nouveau rouleau de feuilles noircies de sa petite écriture…Les pères de deux victimes présumées de Michel Fourniret ont d’ors et déjà prévenu qu’ils refuseraient toute communication de ce genre.

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commentaires

dragon29 21/04/2008 19:43

ce monstre a violé et tué il n'a plus aucun droit de plusla justice est  rendue au nom du peuple français , la journaliste a publié une photo et bien soit il est normal que le peuple français voit le visage de ce monstre  , avant les carricaturistes le faisaient bien  , il est temps de revoir cette loi , je suis pour la  liberté de la presse