« Elisabeth ? C’était une fille de joie et de lumière. C’est son rire clair que j’entends » a dit ce matin Francis Brichet devant la cour d’assises à Charleville –Mézières. Sa fille a été enlevée par le couple Fourniret le 20 décembre 89 alors qu’elle rentrait chez elle après avoir rendu visite à une amie. Elle avait 12 ans. Cela s’est passé dans la banlieue de Namur, vers 19 heures. Elle s’est volatilisée après être passée à la boulangerie du quartier. Après plus rien, aucune trace pendant quinze ans. Un calvaire pour la famille jusqu’à l’interrogatoire de Monique Olivier le 28 juin 2004. Elle précisait qu’ils avaient repéré la petite fille et attendu qu’elle quitte le domicile de son amie. Le couple avait réussi ensuite à faire monter Elisabeth dans le véhicule grâce notamment à leur fils alors âgé de quinze mois : ils ont simulé des parents inquiets à la recherche d'un médecin pour leur bébé.
La petite fille à peine dans la voiture est aussitôt terrorisée et menacée car Fourniret veut l’emmener dans sa maison en France, il faut donc franchir le poste frontière dans le calme. Finalement ils arrivent dans leur maison à Floing ou selon Monique Olivier, son mari force la petite à boire de l’alcool. Dans la chambre du haut, après avoir attaché Elisabeth, Monique doit faire la toilette intime de la jeune fille avant que Michel Fourniret tente de la violer. Le lendemain, la scène se reproduira dans un des pavillons du château du Sautou que le couple vient d’acheter . Mais cette fois la petite est consciente, se débat, hurle. Michel Fourniret tente de l’étouffer avec un sac en plastique d’abord, puis l’étrangle à mains nues. Il mettra son corps dans un congélateur quelques jours avant de l’enterrer profondément à proximité du pavillon ou il l’avait séquestrée.
Des aveux qui n’ont pas été confirmés par le principal accusé. Ce matin Michel Fourniret a bien reconnu être l’auteur de l’enlèvement, de la séquestration et du meurtre de la petite fille mais pas du viol. Monique Olivier elle aussi est revenue partiellement sur ses aveux : « je ne l’ai pas violée ni tuée » a-t-elle lâché du bout des lèvres.
Le père d’Elisabeth Brichet a parlé de Michel Fourniret comme d’un « monstre mythologique » et sa mère a mis en cause l’efficacité des justices belges et françaises. « Elisabeth, l’inconscience et l’incurie de la justice t’ont assassinée ! Quinze années d’erreurs d’un système judiciaire qui n’a que faire du viol et des tortures sauf en temps de guerre. Il y a l’émotion dans le prétoire, et après ? Il y a bien d’autres Fourniret. Les enfants sont leur trésor de guerre, ils font des émules en prison, ils se nourrissent de leurs meurtres et de leurs viols ! » a – telle lancée très émue en direction des magistrats.
Pressé par l’avocat de la famille Brichet, Michel Fourniret a refusé de répondre aux questions si le huis clos n’était pas prononcé ; les audiences de ce point de vue se ressemblent : confirmation globale des faits pour mieux refuser de donner des détails, des précisions et sans doute la signification profonde de ces actes.








chapet marc 14/04/2008
Gil DENIS 19/04/2008