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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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17 mai 2008 6 17 /05 /mai /2008 00:00

L’audience de ce vendredi 16 mai était une séance de rattrapage prévue pour revenir sur les faits à la lumière des déclarations de Michel Fourniret devenu prolixe. Mais les familles de victimes ne voulaient pas de cinéma, juste des faits. Voila pourquoi Maitre Seban a raconté les derniers jours de la vie de Jeanne Marie Desramault a la lumière des déclarations croisées de Paul et de Pierrette lors de leurs aveux. Ces prénoms étaient des pseudo que le couple utilisait quand il tournait autour de cette jeune fille de 22 ans. Ils épiaient, ils séduisait cette jeune fille très croyante avec la présence inoffensive de leur bébé, Sélim au cours de l’année 1989.

Maitre Seban en vient à la mise à mort ; chacun dans la salle retient son souffle devant tant d’horreur. La jeune fille qui crie et se débat, la jeune fille que Fourniret étrangle si violement qu’une larme de sang se forme, un corps sans vie traîné sur le lit pour des caresses post- mortem.

 Michel Fourniret réagit aussitôt : « la loque émotive ne va pas se laisser impressionner par un petit avocat de merde ! Si vous ne m’écoutez pas, je me renferme dans ma coquille… Ces attouchements n’existent que dans les déclarations de Monique Olivier ».

Monique Olivier confirme son récit. Le petit homme reprend la parole pour se venger : « Dans mon esprit, je découvre la nature de Monique ces jours ci. Il me semble que cela ne lui coûtait rien d’alimenter les fantasmes de son fauve. C’est certain qu’elle s’acquittait à bon compte d’une mission dont elle se croyait investie ».

Je passe encore quelques passes d’armes entre lui et elle, chaque fois Michel Fourniret chargeant sa compagne de son épopée criminelle.

C’est l’avocat général (procureur) qui va définitivement blesser l’orgueilleux Michel Fourniret. Il va lui faire remontrance de sa grossièreté à l’égard de Maitre Seban, et lui dit qu’il ne sera plus toléré de telles insultes.

Michel Fourniret se lève, blème.   « OK, il y aura absence de tout écart de langage. J’ai pris la parole mais j’ai toute raison de la regretter. Je la reprends, terminé ! »Lance-t-il en regardant furieux l’avocat général.

Le premier à réagir est l’avocat de Monique Olivier, Maitre Richard Delgenes : « Vous avez balancé un peu de venin puis basta. Vous êtes un lâche, un pleutre ! » Maitre Seban parle de la liste de questions que lui a confié la maman de Manyana Tumpong, l’une de ses dernières victimes. Maître Lombard joue sur un autre registre. « C’est la dernière fois que vous pourrez vous adresser à un homme, d’égal à égal . Vous pouvez tout vous permettre, y compris de dire la vérité ; je ne suis pas un ennemi, mais un homme qui dit à un autre homme, revenez dans la communauté des hommes » Maître Chemla essaiera de le fléchir en soulignant qu’il a promis à sa fille de parler. Rien n’y fait le petit homme est « rentré dans sa coquille »."Je m'arrête au mileu du gué"convient-il.

Une comédie immonde vis-à-vis des familles ont estimé les parents des petites victimes qui ont déserté symboliquement les bancs de l’audience pendant une heure.

 

Mais je voulais aussi vous raconter en marge de l’audience, l’acte qui est pour moi l’exemple même de la perversité de Fourniret. Alors qu’il n’a jamais manifesté la moindre compassion pour ses victimes, ni le moindre désir de pardon vis-à-vis de leurs parents,  il a rédigé dans le box un petit billet. Sur ce morceau de papier, une phrase était écrite pour Maître Lombard : « Car le jeune est beau mais le vieillard est grand ». Vous avez peut être reconnu un vers de Victor Hugo tiré du poème « Booz endormi ». Une délicate intention. Ainsi va l’admiration de Michel Fourniret, flatté sans doute de voir un avocat de renom s’adresser à lui. Ah !l’insoutenable orgueil de Michel Fourniret…

 

 

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