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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 18:36

Trois ans qu’Anne Dulioust mène une bataille acharnée. Ce médecin, spécialiste du virus du SIDA mutée en 2011 à l’hôpital de la prison de Fresnes, lutte pour faire appliquer la loi Kouchner. Celle qui prévoit l’aménagement des peines pour les prisonniers malades ou en fin de vie.
Pour faire connaître son combat, elle publie un livre choc, Médecin en prison. Elle y confie, avec beaucoup de simplicité et de franchise, ses difficultés, ses heurts répétitifs avec sa hiérarchie. L’indifférence des surveillants, et l’immobilisme de l’administration pénitentiaire et des juges sur le sort des prisonniers malades. Son témoignage ouvre les yeux sur un monde que l’on connait peu.

Les exemples tirés de sa pratique quotidienne illustrent la difficulté d’être condamné à une peine de prison et malade. On croise  Maurice, soixante-dix-huit ans. Il souffre de nombreuses pathologies. Son état de santé se dégrade au fil des semaines. Il finit par obtenir une remise de peine. Au bout de six mois, il va mieux. Un expert médical vient le contrôler et conclu qu’il peut retourner purger sa peine en cellule. Ce transfert va aggraver sa situation et son pronostic vital est vite engagé. Ses médecins essaient de négocier sa libération conditionnelle, mais son dossier stagne. Dans l’attente, il fait un infarctus. Aujourd’hui, diminué, Maurice est toujours en prison. Il attend.
Ou encore Jeannine, mère de deux enfants, atteinte de troubles psychiatriques et mnésiques à cause d’une alcoolisation massive. Ses passages en hôpital psychiatrique pour sevrage n’ont rien donné. Elle a du mal à s’exprimer et peine à répondre à des questions simples. Son crime ? Récidive de conduite en état d’ivresse. Quand Anne Dulioust l’accueille dans son service, elle réussit à la faire transférer dans un centre spécialisé. Pour lui permettre de privilégier ses liens familiaux. Mais très vite, elle est renvoyée en prison. Trop difficile à gérer.

Ceux qui rentrent dans le service d’Anne Dulioust restent des hommes et des femmes avant d’être des prisonniers. Elle milite donc pour qu’ils aient, comme tout le monde, droit à des soins de qualité et  une fin digne, entouré de leur famille quand ils approchent de la mort. « Nous ne pouvons plus tolérer que des malades meurent en prison » dit cette femme médecin qui termine en soulignant qu’il y aujourd’hui en France des prisonniers qui ont plus de 87 ans !
 Une prise de conscience qui met la société face à ses responsabilités. La loi Kouchner ne doit pas servir qu’à Maurice Papon qui n'a effectué que trois de prison en raison de ses problèmes de santé.

Article rédigé en collaboration avec Apolline Laurent,journaliste stagiaire

Anne Dulioust, Médecin en prison, editions First document

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commentaires

senegal 23/06/2014 18:39

Bonjour. Merci pour cet article. C'est vrai que loin de cet univers carcérale, on a du mal a se faire une idée correcte de ce qu'y s'y passe. Je pense que Anne Dulioust est en train de mener un combat digne de ce nom et j’espère de tout cœur qu'elle parviendra à obtenir gain de cause. En outre je croit que condamner une personne à rester dans un milieu qui peut lui être fatal ça n'a pas une grande différence avec la peine de mort (alors pourquoi l'abolir ?). c'est vrai que lorsqu'on commet une faute qui nous mène au trou, on est fautif. Mais comme j'ai lu plus haut, il n'en demeure pas moins vrai que ce sont des personnes donc il doivent quand même être protégés.