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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 18:26

 

Les bretons sont têtus. C’est une immense qualité. Et quand on est écrivain certainement un appui solide pour raconter une histoire. La trame est là, aucun fil ne casse, le tissu littéraire est comme un vieux tweed gallois, inusable.

 L’histoire du Bugaled Breizh commence le 15 janvier 2004, (20 ans déjà !) et le livre de Yann Queffelec n’est pas une épitaphe. Le combat pour la vérité continue. Ce livre dit qu’un naufrage qui entraine par le fond en quelques secondes cinq marins expérimentés n’est pas à mettre au compte de la « Fortune de mer » selon la formule de la justice en 2009. Le bateau était solide, la mer agitée mais sans plus, le capitaine formé à cette pèche depuis des années.

Alors, on a cherché une autre explication, plus solide que l’accident de pèche : ce jour-là, l’Otan entrainait ses sous-marins à la guerre nucléaire en eau profonde. L’instruction a été menée avec  plus ou moins de zèle suivant l’attitude des autorités militaires. Car donner la position d’un sous-marin à un moment précis, c’est reconnaitre qu’il était présent dans cette zone ce jour-là. Les sous-mariniés estiment que cette identification les met en danger face aux autres.

Yann Queffélec nous fait revivre ce que les survivants du naufrage endurent. A Loctudy, personne n’a oublié même si on vit avec. L’obstination pour connaitre la Vérité peut paraitre dérisoire aux yeux du reste des français. Mais  les familles en ont assez d’être baladées.  Quel capitaine a été assez lâche pour avoir crocheté les filets du Bugaled, l’entrainant par le fond sans tenter de porter secours à l'équipage ?

Toutes les pistes sont passées au scalpel. Yann Queffélec enquête ici et là-bas, en Angleterre, à Newlyn très exactement. Il interroge. Jamais de certitude. Il évoque même la présence d’un sous-marin américain venu espionner les bâtiments engagés par les manœuvres de l’OTAN. Tous les possibles sauf un accident de mer.

Le récit est passionnant, écrit avec rage, précision, empathie. Pas besoin d’être breton, ni marin pour entreprendre ce voyage. Montez sur le bateau de Quéffélec, il vous entrainera au grand large.

« On l’appelait Bugaled Breizh » Yann Queffélec, éditions l’Archipel

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