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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 17:34

C’est une histoire ébouriffante, une histoire de famille et de secrets intimes. L’affaire Iacono se résume à un tout jeune garçon (5 à 8 ans) qui accuse son grand père au retour des vacances de viols et agressions sexuelles (1996/1998). Le grand père, Christian Iacono est un notable, médecin et maire de Vence. La justice s’empare des plaintes déposées, renvoie le grand père devant les assises. Une fois, deux fois, et le condamne finalement à 9 ans de réclusion.

Hier, Christian Iacono a pris l’avion de Nice avec sa femme et sa fille. Dans la pénombre du palais de justice de Paris, il arpente les couloirs aux côtés de ses avocats Me François Saint Pierre et Gérard Baudoux. Il n’a pas le droit de parler à la presse : son contrôle judiciaire le lui interdit. Mais il parle avec ses yeux las, son dos vouté.

En mai 2011, Gabriel Iacono s’est rétracté. D’abord timidement, ajoutant quelques dissimulations. Puis au fil des mois acceptant de parler de ses mensonges. Il aurait inventé cette histoire de viols pour se rendre intéressant aux yeux de ses parents en instance de séparation, pour qu’ils restent unis devant l’épreuve traversée par leur fils. Une hypothèse jugée crédible par les psychiatres. Ce revirement a permis au grand-père d’espérer faire annuler sa condamnation. C’est ce qu’on appelle en droit « un élément nouveau »

L’audience de la cour de Révision commence par les plaidoiries des avocats du demandeur, suivie du réquisitoire de l’avocat général et enfin l’avocat des parties civiles. Sous les ors de la grande salle, le destin de cette famille se joue. Surtout à la fin lorsque le président donne la parole au petit fils. « Je m’excuse devant la justice pour mes mensonges » puis il se retourne vers son grand père auquel il n’a pas le droit de parler « Excuse-moi ; j’ai dû faire un travail sur moi-même pour assumer les conséquences de mes actes. J’avais peur de passer pour un menteur devant mon fils, devant tout le monde… »

Christian Iacono, très ému, lui a répondu qu’il était trop tôt pour le pardon. « Je suis parfaitement, complètement innocent » et il a expliqué qu’il ne pouvait pas s’en prendre à un enfant de 10 ans qui avec un mensonge a fait de sa vie un calvaire durant 14 ans. Il ne lui en veut pas mais ne lui accorde pas un pardon car « le pardon cela se mérite ».

La Cour dira le 18 février si l’affaire reste en l’état,  si elle la renvoie devant une nouvelle juridiction ou si elle annule la condamnation de Christian Iacono. Ses avocats sont confiants. Certes l’avocate générale a jugé les rétractations de Gabriel Iacono, floues, fluctuantes, imprécises. Mais ses avocats ont démontré que le jeune homme a tout perdu en avouant son mensonge : l’argent accordé au titre de victime, le lien avec ses parents, la considération de ses proches. Il a muri, il a 23 ans et n’a pas voulu vivre avec ce lourd secret. Me Luc Febbraro, avocat du jeune homme, a demandé à la Cour de ne pas tenir rigueur à celui qui a baladé la justice avec ses fantaisies d’enfant. Le fantôme de l’affaire d’Outreau s’est invité en toute dernière minute.

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commentaires

detective privé lyon 11/01/2016 23:26

Merci pour cet article !