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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 16:00

Le Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM) vient de présenter son rapport annuel d’activité. Avec un éclairage particulier sur les femmes dans les fonctions de l'appareil judiciaire.

L’étude pointe d’abord la situation lors du concours de l’ENM: la proportion des femmes dans la promotion 2012 est de plus de 80%. Devenir magistrat n’attire plus les hommes, seules les promotions entre 60 et 65 ans comportent plus d’hommes que de femmes.

Par ailleurs, si on regarde la répartition homme/ femme par grade, on constate que les grades inférieurs sont majoritairement occupés par des femmes (75,4%) et que les postes dits hors hiérarchie, les postes de chefs de cour et de juridiction sont majoritairement occupés par des hommes.

La parité dans la magistrature n’existe pas aujourd’hui, mais doit-on attendre le départ des enfants du baby-boom pour rééquilibrer la promotion des femmes à des postes de responsabilité ?

 Le CEVIPOF (organisme de recherche lié à Science-Po) a mené l’enquête et comparé la situation française à celle de nos voisins européens. L’étude mérite qu’on la lise en entier ; elle souligne les raisons de ce plafond de verre à la française. Dans notre organisation judiciaire, la carrière d’un magistrat dépend d’un parcours géographique structuré. On monte en grade quand on occupe des postes de plus en plus élevés en changeant de juridiction. Pour une femme qui a des enfants et  un mari qui travaille, ces changements incessants sont quasi impossibles.

Et puis il y a un phénomène d’autocensure : les femmes ne se présentent aux postes de chef de cour ou de juridiction. Problème de confiance en soi, culture du doute, problèmes d’organisation familiale ;

La situation est-elle figée ? En dépit des réflexions du CSM sur le sujet, il est à craindre que rien ne bouge. Le principal syndicat de magistrat, l’USM ne veut pas entendre parler de discrimination positive et reste très attaché à la mobilité géographique. La principale mesure proposée serait d’intégrer les paramètres personnels des candidates (âge et nombre d’enfants, mobilité possible du conjoint) pour moduler les nominations.  Le CSM pourrait ainsi pousser les candidatures méritantes.

Cela reste vague. Il est à craindre que les femmes magistrats vont encore subir ce plafond de verre pendant un bout de temps en dépit de ce constat sans appel

 

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commentaires

Estelle 04/12/2013 23:53

Effectivement, étudiante à la faculté de Grenoble, mes camarades de bancs sont essentiellement féminines. La féminisation est souvent perçue de façon négative et inquiétante car elle s'accompagne d'une perte de statut de la profession.